Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

De la dictature d’une économie sans visage

10 Juin 2013 , Rédigé par Cercle Albert de Mun

De la dictature d’une économie sans visage

Si la Doctrine Sociale de l’Eglise reste aujourd’hui fort méconnue de l’immense majorité des français, catholiques inclus, le nouveau Pape François semble décidé à la remettre au goût du jour, inscrivant son premier discours sur la finance dans la droite ligne de son illustre prédécesseur Léon XIII et de son encyclique fondatrice, Rerum Novarum.

Ainsi, quand le Saint Père François I° constate que « l’adoration de l’antique veau d’or a trouvé un visage nouveau et impitoyable dans le fétichisme de l’argent, et dans la dictature de l’économie sans visage, ni but vraiment humain », l’on ne peut s’empêcher de relire ces quelques lignes de l’encyclique :

« Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux [les ouvriers, ndlr] une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. »[1]

Libéralisme forcené et chrématistique commerciale en ligne de mire : la soif de l’argent posé comme axiome économique, voilà quel est le véritable danger. Quotidiennement, les dernières nouvelles économiques rappellent les ravages dramatiques de ces « idéologies promotrices de l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière » : délocalisations, chômage et paupérisation, sans compter toutes les conséquences sociales en aval.

Si d’aucun de nos véhéments gouvernants fustige « l’économique sans éthique », pouvant parler de « l’ennemi de la finance », ces envolées lyriques ne restent à l’évidence que de vaines paroles… Et pour cause ! Comme le dit si bien le Pape François :

 « Tout comme la solidarité, l’éthique dérange ! Elle est considérée comme contre-productive, comme trop humaine, car elle relativise l’argent et le pouvoir, comme une menace, car elle refuse la manipulation et l’assujettissement de la personne »

A la suite de Léon XIII, le Pape François s’est donc insurgé contre l’immoralité économique actuelle, la domination de l’argent sur la personne humaine même. Mais les royalistes s’étaient déjà posé cette question de la moralisation économique et ce, dès le début du XX°Siècle. Ainsi, dans son ABC du Royalisme Social, Firmin Bacconnier écrivait :

« Quel moyen avons-nous de nous débarrasser de la domination de l ‘argent ?

Un seul : restaurer le régime corporatif, c’est-a-dire former entre l’individu et l’Etat cette société intermédiaire appelée corporation, qui abritera le travailleur, lui restituera les franchises que lui a enlevées la révolution, et par la possession d’état l’élèvera a la liberté et a la propriété. »

Il s’inscrivait ainsi dans la ligne dressée par l’encyclique de Pie XI, Quadragesimo Anno. Le nouveau Pape ira-t-il dans le même sens ? Espérons le !

 

[1] Rerum Novarum, Léon XIII

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article