Quelques citations sur Albert de Mun
Albert de Mun avait en effet « la flamme, l’image, le mouvement, l’ampleur, la majesté et pourtant une certaine simplicité, le pathétique, l’ironie, la pureté de la forme, la rigueur de la composition qui dispose des arguments avec une logique pressante
Durant que vivait Albert de Mun, point n’était besoin de chercher une définition du gentilhomme. « Voyez de Mun », disait-on. La mince silhouette d’un officier de cavalerie, une démarche souple et ferme, un geste rare, toujours dépourvu d’emphase, conféraient à sa personne un prestige immédiat auquel les rudes démagogues ne se montraient point insensibles. A un haut degré de perfection, la politesse touche et charme les natures les plus renfrognées. Albert de Mun provoquait une contagion de courtoisie : nulle interruption ne s’élevait dans la Chambre de 1910-1914 quand il prononçait une de ces harangues où l’émotion contenue ennoblissait une pure argumentation.
Un seul le tenta (le ralliement), M. de Mun. Elu d’abord en Bretagne en qualité de royaliste intransigeant, il se déclara républicain pour obéir au Pape, et l’accueil que reçut son ralliement ne fut pas propre à multiplier les ralliés. En réalité, Léon XIII avait en France licencié la vieille armée catholique sans en avoir une nouvelle à lui substituer.